• Mon fils

    Je me souviens de ce mercredi 28 septembre 1994, il était 1h40 quand mon grand est arrivé. Oubliées mes angoisses, oubliées ces 17 heures de douleurs, oubliées cette césarienne en urgence et la peur que j'ai eue de le perdre, il était là et se portait bien. Il a fait de moi une maman, et je découvrais un amour si fort que je n'imaginais pas. Je me suis sentie si forte, prête à me battre bec et ongles, à donner ma vie pour lui. Il était tel que je l'imaginais, beau, éveillé, charmeur, plein de douceur...Il était collé à moi, on ne se quittait pas des yeux, toujours peau contre peau. Ces moments là sont gravés dans mon coeur pour toujours.

    Il a grandi si vite...C'était un enfant gai, farceur, remuant, toujours prêt à faire une bêtise. Il a fait quelques mauvaise chutes et quelques visites aux urgences. J'ai eu beaucoup de frayeurs avec ce diablotin...Comme récemment avec sa première cuite, l'été dernier. Il a eu un peu de mal à s'en remettre. Mais je crois que je n'ai pas fini de m'en faire pour lui.

    La vie n'a pas toujours été facile pour mon petit homme avec des parents qui se déchiraient. Un jour, du haut de ses 9 ans il m'a dit: " Je sais bien que tu es malheureuse, pas la peine de faire semblant". Ce jour là j'ai eu un électrochoc. J'ai repris mes études, passé mon diplôme d'aide soignante, demandé le divorce et j'ai recommencé ma vie avec mes trois grands. Leur papa venait les voir de temps en temps, puis de plus en plus rarement, pour finir par ne plus donner signe de vie. Mon loulou est devenu plus secret, renfermé, j'avais mal pour lui.

    Je me souviens aussi d'un petit homme qui n'aimait pas trop l'école mais travaillait bien quand même ( sans trop faire d'efforts toutefois). Puis de mes batailles avec la CPE et le proviseur adjoint du collège qui prenaient à la légère cette histoire de harcèlement dont était victime mon fils. Nous avons fini par déménager, il est entré dans un autre collège, tout allait mieux, mais il fallu du temps pour guérir de sa phobie scolaire. Sont arrivées les années lycée...laborieuses. Il n'était plus très sérieux, j'ai du lui faire redoubler sa seconde, le ré-orienter en première, puis en terminale il a enfin eu le déclic, et il a obtenu son bac. Aujourd'hui il est à l'université, je lui souhaite de réussir ses études et d'exercer plus tard un métier qu'il aimera et dans lequel il s'épanouira.

    Quand l'Homme est entré dans nos vies, mon grand a eu un peu de mal à accepter ce rival, mais aujourd'hui ils sont très proches. A l'arrivée de mini-couette il était furieux: encore une soeur! ( la troisième) "je m'en fiche c'est pas ma soeur, c'est ma demie soeur!" Mais finalement il l'appelle bien " ma soeur" et il adore ses soeurettes et ferait n'importe quoi pour elles.

    Mon grand bonhomme a retrouvé le sourire, il communique de mieux en mieux avec nous ( petit à petit) nos rapports s'apaisent et j'en suis heureuse. Il devient un homme, un homme dont je suis fière. Un jour il fera sa vie, quittera le nid. Ce jour là sera un jour difficile pour moi, mais il doit voler de ses propres ailes et mes enfants ne m'appartiennent pas. Je lui souhaite de réussir et d'être heureux, et je serai toujours là pour lui. Il restera à jamais mon bébé, mon fils, l'homme le plus important de ma vie.

            

     

                                                      

    Mon fils

     

                                                            


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