• La semaine dernière, j'ai lu un commentaire d'une ancienne collègue sur les réseaux sociaux qui m'a mise très en colère. Cela fait plus de trente ans que j'entends des réflexions idiotes et infondées sur les familles nombreuses ( je suis l'aînée d'une fratrie de huit) et celle là a été celle de trop. Cette charmante personne se plaignait d'avoir à payer des impôts ( sur le revenu, taxe foncière et taxe d'habitation) et elle ajoutait " j'en ai marre de payer pour ces feignants de chômeurs et ces gens qui font des gosses sans arrêt pour profiter du système".

    J'aimerai déjà dire à celle-ci que si elle paie un impôt sur le revenu, cela veut dire qu'elle et son conjoint ont des revenus en conséquences. Que si elle ne veut pas payer de taxe foncière, rien de plus facile, elle n'a qu'à vendre sa maison et repartir en location. Encore heureux pour elle qu'il n'y ait pas d'impôts sur la connerie car elle serait certainement taxée. En ce qui concerne les chômeurs, bien que je n'en fasse pas partie, je tiens à lui préciser que tous les chômeurs ne sont pas des feignants, qu'il y en a beaucoup qui essaient par tous les moyens d'obtenir un emploi afin de subvenir aux besoins de leur famille, quitte à accepter une formation qui ne leur correspond pas ou d'accepter un travail en dessous de leur compétences.

    Enfin, j'aimerai lui dire que la plupart des mères de famille nombreuse ( 3 enfants et plus) ne font pas des enfants dans le but d'avoir des aides sociales: qui peut élever décemment un enfant avec environ 200 euros par mois ( les nourrir, les habiller, les chausser, les soigner, etc) ? Une femme qui décide d'avoir un enfant c'est une femme qui veut être responsable d'un petit être à aimer, le faire grandir et lui assurer un avenir correct. En aucun cas elle ne se dit " tiens je vais faire un bébé, j'aurais 200 euros de plus par mois". Si nous faisions réellement des enfants pour les allocs, il faut savoir qu'aux 20 ans de l'enfant, celles ci cessent d'être versées. Qui peut se vanter d'avoir le permis, une voiture, ses diplômes, un job et un appartement à 20 ans? Dans ce cas on fait quoi? On les met à la porte parce qu'ils ne nous apportent plus rien?

    D'autres réflexions que j'entends sur les familles nombreuses:

    -" Ce sont des lapins, ils pondent des gosses sans réfléchir". D'après mes connaissances en biologie, je crois que les lapins ne pondent pas. Et si c'était le cas, à ce rythme là, je serais mère d'une vingtaine d'enfants.

    -"Vous allez faire des chômeurs, des malheureux" Bien sûr, c'est bien connu que les enfants de familles nombreuses sont tous chômeurs. Il n'y a que les enfants issus de familles d'un ou deux enfants qui ont du travail. C'est étrange parce que j'ai 5 frères et deux soeurs et nous avons tous un emploi.

    -"Les familles nombreuses sont sales" Forcément, c'est dur de s'en sortir, alors on fait l'impasse sur le savon et le shampoing. Il faudrait peut être arrêter de regarder " confession intime" ou ' c'est tellement vrai'.

    -"Les familles nombreuses sont bruyantes" Et oui, on ne se déplace qu'en troupeau. Non, plus sérieusement, les gens me félicitent sur l'éducation de mes enfants, ils sont calmes, respectueux et ne se font pas remarquer. Chez nous chacun s'exprime, on rit, on s'amuse, mais ça n'est pas la cacophonie. Encore une fois, arrêtez de regarder les reportages sur la TNT.

    -"Avoir plusieurs enfants, c'est devoir les priver" Non, je ne suis pas d'accord je n'aurais d'ailleurs jamais eu 4 enfants si j'avais eu des doutes. Chez nous, nous ne sommes pas pour les marques, si ils veulent des chaussures de marque, je leur donne ce que j'avais prévu de dépenser pour leurs chaussures et ils rajoutent la différence, cela les responsabilise. Je ne donne pas les vêtements des aînés aux plus jeunes. Les filles font parfois du troc, mais ça c'est leurs affaires. Ils ne manquent de rien, y compris les jouets, jeux vidéos, argent pour noël et les anniversaires. J'ai élevé les 3 aînés seule pendant un certain temps, et à cette période ils n'ont pas été privés non plus.

    -"On ne peut pas donner autant d'amour à 4 enfants qu'à un ou deux". Ah bon? Et depuis quand? Le coeur d'une mère ne se divise pas, mais grandit  avec le nombre d'enfants. Et personnellement, je passe du temps avec chacun d'entre eux.

    -"Les parents de famille nombreuse sont inconscients, par les temps qui courent" Personne n'est à l'abri d'un deuil, d'un divorce ou du chômage, dans ce cas, si il faut penser à ces éventualités, on ne fait plus d'enfants.

    Mes enfants sont ma vie, ma fierté, mon bonheur. Je fais de mon mieux pour en faire des adultes heureux et épanouis, et si c'était à refaire, je recommencerai, n'en déplaise à certains. Tout ce que je demande c'est un peu de respect et de tolérance.

                                                    

                                                                     

    Les préjugés sur les familles nombreuses

     


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  • Comme vous le savez, dans ma tribu recomposée, il y a mon fils unique: le grand et mes 3 filles: la grande, Melle chipie et mini couette. Chez nous les femmes sont en majorité au grand désespoir du fiston. Imaginez vous ce qu'est le quotidien avec 3 filles?

    C'est faire preuve d'une patience à toute épreuve: Dès son plus jeune âge, la fille est une excellente comédienne. Elle chouine, trépigne lorsqu'elle n'a pas ce qu'elle veut, elle peut même pleurer sans larme, si si. Elle sait battre des cils comme personne, faire ses yeux doux, prendre une petite voix enjôleuse, et bien sûr les premiers à céder sont souvent les hommes de la famille, grâce à ses phrases pièges "papa tu es le plus beau" " Oh papy toi tu sais tout". Il faut donc un bon mental pour ne pas céder à ses manipulations. A l'adolescence, la fille est très soupe au lait. La moindre contrariété, elle boude et claque les portes. Elle a une tendance aussi à crier. En fait, le terme crier est un peu léger: la fille s'exprime avec une voix très haut perchée difficilement supportable. Vous comprenez donc pourquoi la patience est nécessaire.

    C'est devoir ruser et mettre toutes ses affaire sous clé. La fille adore piquer les boucles d'oreilles, le maquillage, le parfum et la tunique de sa mère. Votre chambre peut être mise à sac lors de votre absence.

    C'est se lever aux aurores pour prendre une douche ou aller prendre un bain après 22 heures. La fille monopolise longtemps et souvent votre salle de bain, alors imaginez avec 3! Un conseil si vous achetez une maison et que vous avez des filles: trouvez en une avec deux salle de bain.

    C'est négocier un bon forfait téléphonique: la fille passe des heures au téléphone avec ses amies qu'elle vient de quitter, et souvent elle s'enferme dans sa chambre car ses communications sont top secrètes.

    C'est assister à des féroces batailles. Les filles qui se battent, s'agrippent par les cheveux, mordent, pincent...il est difficile de séparer 2 furies qui se battent, voir impossible et ça n'est pas beau à voir.

    C'est avoir une bonne capacité de compréhension. La vie sentimentale d'une fille ressemble les premiers mois à un soap. Difficile à suivre quand on a loupé des épisodes.

    C'est être une bonne négociatrice, car quand votre fille aura un amoureux, un vrai, il va falloir ruser pour convaincre monsieur papa de la laisser sortir au cinéma.

    C'est accepter de la voir devenir une femme, pas facile je vous l'assure. Quand ma grande est devenue une femme, ce fut un moment difficile ( en plus c'était le jour de la naissance de mini couette) mais quand 4 ans plus tard le pharmacien m'a conseillé de lui faire prendre la pilule contraceptive pour réguler ses cycles et apaiser ses douleurs, j'ai cru que j'allais l'étrangler.

    Des filles c'est aussi des virées shopping, des soirées karaoké, des fous rires et de la complicité.

     

                                                   

    3 filles à la maison


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  • Je me souviens de ce mercredi 28 septembre 1994, il était 1h40 quand mon grand est arrivé. Oubliées mes angoisses, oubliées ces 17 heures de douleurs, oubliées cette césarienne en urgence et la peur que j'ai eue de le perdre, il était là et se portait bien. Il a fait de moi une maman, et je découvrais un amour si fort que je n'imaginais pas. Je me suis sentie si forte, prête à me battre bec et ongles, à donner ma vie pour lui. Il était tel que je l'imaginais, beau, éveillé, charmeur, plein de douceur...Il était collé à moi, on ne se quittait pas des yeux, toujours peau contre peau. Ces moments là sont gravés dans mon coeur pour toujours.

    Il a grandi si vite...C'était un enfant gai, farceur, remuant, toujours prêt à faire une bêtise. Il a fait quelques mauvaise chutes et quelques visites aux urgences. J'ai eu beaucoup de frayeurs avec ce diablotin...Comme récemment avec sa première cuite, l'été dernier. Il a eu un peu de mal à s'en remettre. Mais je crois que je n'ai pas fini de m'en faire pour lui.

    La vie n'a pas toujours été facile pour mon petit homme avec des parents qui se déchiraient. Un jour, du haut de ses 9 ans il m'a dit: " Je sais bien que tu es malheureuse, pas la peine de faire semblant". Ce jour là j'ai eu un électrochoc. J'ai repris mes études, passé mon diplôme d'aide soignante, demandé le divorce et j'ai recommencé ma vie avec mes trois grands. Leur papa venait les voir de temps en temps, puis de plus en plus rarement, pour finir par ne plus donner signe de vie. Mon loulou est devenu plus secret, renfermé, j'avais mal pour lui.

    Je me souviens aussi d'un petit homme qui n'aimait pas trop l'école mais travaillait bien quand même ( sans trop faire d'efforts toutefois). Puis de mes batailles avec la CPE et le proviseur adjoint du collège qui prenaient à la légère cette histoire de harcèlement dont était victime mon fils. Nous avons fini par déménager, il est entré dans un autre collège, tout allait mieux, mais il fallu du temps pour guérir de sa phobie scolaire. Sont arrivées les années lycée...laborieuses. Il n'était plus très sérieux, j'ai du lui faire redoubler sa seconde, le ré-orienter en première, puis en terminale il a enfin eu le déclic, et il a obtenu son bac. Aujourd'hui il est à l'université, je lui souhaite de réussir ses études et d'exercer plus tard un métier qu'il aimera et dans lequel il s'épanouira.

    Quand l'Homme est entré dans nos vies, mon grand a eu un peu de mal à accepter ce rival, mais aujourd'hui ils sont très proches. A l'arrivée de mini-couette il était furieux: encore une soeur! ( la troisième) "je m'en fiche c'est pas ma soeur, c'est ma demie soeur!" Mais finalement il l'appelle bien " ma soeur" et il adore ses soeurettes et ferait n'importe quoi pour elles.

    Mon grand bonhomme a retrouvé le sourire, il communique de mieux en mieux avec nous ( petit à petit) nos rapports s'apaisent et j'en suis heureuse. Il devient un homme, un homme dont je suis fière. Un jour il fera sa vie, quittera le nid. Ce jour là sera un jour difficile pour moi, mais il doit voler de ses propres ailes et mes enfants ne m'appartiennent pas. Je lui souhaite de réussir et d'être heureux, et je serai toujours là pour lui. Il restera à jamais mon bébé, mon fils, l'homme le plus important de ma vie.

            

     

                                                      

    Mon fils

     

                                                            


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  • Depuis quelques temps, une idée, ou plutôt une envie, me trotte dans la tête. Trotter, non, le mot est faible, c'est de plus en plus présent, pesant même.J'ai bien essayé de la chasser, de me raisonner, en vain.

    Est-ce de la nostalgie? Est-ce parce que mes deux aînés entrent à l'université et ma dernière au CP? Est-ce parce que plusieurs de mes amies et connaissances s'apprêtent  à donner naissance à un adorable petit être?

    Oui, vous l'aurez deviné, depuis quelques temps je sens comme un vide, un manque, quelque chose d'inexplicable qui vient du fond de mes tripes et qui me ronge. J'aurais aimé avoir un petit dernier...

    Certains diront que je suis folle, j'en ai déjà quatre. D'autres diront que je suis une égoïste, pourquoi me plaindre alors que tant d'autres désirent un enfant et n'y arrivent pas. C'est vrai, j'ai de la chance d'avoir quatre enfants superbes en bonne santé. Une famille nombreuse c'est du temps, de l'énergie.

    Je sais qu'à mon âge ( 43 ans) c'est risqué, d'autant plus que j'ai été suivie pour des grossesses à risques alors que j'étais plus jeune.

    Je sais que cela représente un budget, que nous n'avons pas des salaires de ministre.

    Je sais aussi que l'intervention que j'ai subie suite à des lésions pré cancéreuses sur le col de l'utérus ne me permet pas de mener une grossesse à terme.

    Alors, je me raisonne et je me dis qu'après tout, j'ai tout pour être heureuse, j'ai épousé il y a bientôt deux ans l'homme que j'aime et qui partage ma vie depuis 8 ans, nous venons d'acheter une maison, nos enfants vont bien. J'essaie de faire taire cette petite voix, de chasser cette idée.

    Non, je n'aurai plus d'enfant, même si cela me ronge, c'est comme ça, il y a un temps pour tout.  La page est difficile à tourner mais il le faut. J'attendrai quelques années pour avoir des petits enfants à cajoler.

     

                                                               

    Une envie inexpliquée


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  • Le moment tant espéré et redouté à la fois, est arrivé. Hier, c'était la rentrée des classes pour les deux plus jeunes.

    Mini couette a pris le chemin de l'école primaire pour sa rentrée au CP, une étape dans sa vie de petite fille, une étape pour nous ses parents. Mini couette est ma petite dernière et la fille unique de l'homme; Notre bébé a bien grandi. La veille, elle a eu un peu de mal à s'endormir, elle appréhendait un peu son entrée dans le monde des grands. Finalement, il n'y a pas eu de larmes. Je crois que c'est maman qui a eu le plus de mal à s'y faire. Et aujourd'hui elle est fière d'être dans la grande école et attend avec impatience d'avoir des devoirs ( est-ce normal?)

    Melle Chipie a fait son entrée au collège en début d'après midi hier. Cette année, elle "se la pète" un peu, elle est en troisième, elle fait partie des plus grands. Elle a un emploi du temps bien chargé, normal c'est l'année du brevet des collèges. Je l'ai prévenue, il va falloir qu'elle travaille d'avantage et avec un peu plus de sérieux que l'année dernière, sinon il y aura sanction. J'attends des résultats dès le premier trimestre, à suivre...

    La maison m'a parue bien vide hier, calme, beaucoup trop calme...Mais je sens que je vais très vite m'y habituer.

    Lundi, les deux grands feront leur rentrée à l'université. Fac de biologie pour la grande, à Lens, à une vingtaine de km de la maison, elle fera du co-voiturage la plupart du temps. Pour le grand, ça sera la Fac de droit à Douai, à 40 km du domicile, ça va être plus compliqué. Je vais donc passer les prochains jours à courir pour faire ses demandes d'abonnements de bus et de train. En plus je vais devoir faire deux demandes de cartes de bus, une pour le Nord et une pour le Pas de Calais, hallucinant...Le grand va devoir prendre un bus de chez nous à la gare, un train jusque Arras, un autre train jusque Douai, puis un bus de la gare de Douai à la Fac. Les transporteurs n'étant pas les mêmes dans le Pas de Calais et dans le Nord, il va donc lui falloir deux cartes de bus ( à 50 euros l'abonnement, c'est super!)

    Voilà, bien des étapes de franchies pour nous, mes deux grands à l'université, Melle Chipie qui prépare le Brevet des collèges et mini couette au CP. Ce que je ressent c'est un mélange de fierté et de nostalgie. J'ai l'impression d'avoir pris un sacré coup de vieux cette année....

     

     

                                           

    Bilan de la rentrée


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